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 La naissance de Louis : 36h mais ça en valait la peine !

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Isabelle
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MessageSujet: La naissance de Louis : 36h mais ça en valait la peine !   Mer 23 Aoû - 19:51

Le mercredi 16 août, rendez-vous avec la valise aux admissions de la maternité. Valise, mais aussi deux vanity-cases, et papa qui trimballe tout ça. Examens préliminaires, première observation par une sage-femme terriblement efficace (aïe) ; col moyen à court, ouvert à 1,5 cm, mince, seulement ! Je déclare que mes glycémies PP se dégradent (c’est très relatif et ça ferait rire une DID hors grossesse…).

Deuxième consultation avec la gynéco qui m’a suivie pendant la grossesse. Même verdict. Elle décide d’une maturation le jour même, un déclenchement dans les deux jours en fonction de son évolution. Pendant que Raoul se rend à l’état civil et aux admissions, et moi en salle de travail où il me rejoint. Prise de contact et pose d’un tampon aux prostaglandines pour accélérer la maturation du col par multiplication des contractions. Attente et retour dans la chambre que je partage. Raoul me fait des dextros toutes les heures avec mon propre matériel. Le protocole d’insuline reste celui de la grossesse. En fin de journée, le col est toujours à 1,5 cm. Raoul part et nous avons tous deux peur que j’accouche dans le milieu de la nuit. On nous assure que si ça arrive, il sera prévenu et pourra venir. Dans la demi-heure qui suit, les contractions se rapprochent, jusqu’à apparaître toutes les trois minutes. Plusieurs Spasfon plus loin, on décide de retirer le tampon (donc de faire cesser ce qui semble n’être qu’un « faux travail »), car la maturation, elle, n’avance pas. En revanche, malgré les calmants, les contractions persistent toute la nuit. Mal habituée aux méthodes de respiration, je ne dors que sur le matin.


Jeudi matin, le passage de la gynécologue me rassure sur un point, on ne recommence pas la tentative de maturation, mais un vrai déclenchement, le col est ouvert à 2 cm. Raoul arrive ; on me descend en salle de travail, pour la journée, nous le savons, quoi qu’il arrive, cette fois, Louis naîtra dans la journée ou dans la nuit. Pose d’une perfusion de Syntocinon, autre hormone, de la perfusion insuline/glucose et de la péridurale, enfin ! Deux perfs dans la main, un cathé dans le dos, des câbles dans tous les sens, et je sourie, je ne sens plus rien, yahou ! En PP, dextro de folie : 2,31 g, due à une curieuse proposition de protocole par l’anesthésiste de la veille qui m’a fait faire une demie dose de lente pour la journée (réussie), et une demie dose de rapide pour le petit déjeuner (ratée, et de loin !). L’insuline en seringue-poussoir est installée, vite injectée et le taux redevient normal, ouf. Une hyper en plein déclenchement qui aurait valu une hypo à Louis, quoi encore ? Au final, grâce à la lantus en demi-dose, du glucose en permanence, et un dextro toutes les heures, la glycémie a oscillé entre 0,68 et 0,99 g, sans injection d’insuline, pas mal !! Crevée Isa, crevé Raoul, nous dormons tous les deux la plupart du temps, ce qui fait sourire la sage-femme quand elle passe…


Avec la péridurale, je ne sens pas les contractions avant la fin de journée. Le col commençant à se dilater, la poche des eaux est rompue à 13h, heureux moment ! Et le col s’ouvre d’un cm par heure. A 20 heures, bébé est engagé, mais il est un peu de côté, il faut le faire bouger d’un quart de tour. La sage-femme nous autorise à pratiquer l’haptonomie et nous arrivons à le faire tourner, mais il a tendance à revenir dans la position initiale. Je me mets en tailleur, bébé descend. La dose de péridurale s’estompe et je commence à me sentir très mal. L’équipe soignante change à ce moment précis. Les infirmières et la sage-femme sont déçues de ne pas suivre la fin de l’accouchement ; elles passeront nous voir dans les jours suivants en suites de couches.
La décision est prise d’accoucher dans les deux heures. Cette fois, je dérouille pour de bon. Nous retrouvons la sage-femme qui nous a accueillis mercredi, qui nous fait renoncer à l’haptonomie pour pratiquer la technique traditionnelle bloquer-pousser. Et j’accepte. Bébé tourne facilement et avant d’avoir eu le temps de le fêter, la délivrance a commencé.

C’est le rush dans la pièce, je ferme les yeux pour ne pas voir les nouveaux visages, curieux de l’accouchement en cours. La péridurale fonctionne de nouveau. Raoul est invité à me tenir la tête vers le bas et en même temps à pousser mon ventre pour faire descendre le bébé. Je continue à pousser et à inviter Louis à aller dans les mains de la sage-femme ; elle comprend nos désirs et les encourage. Je pense très fort à des tas de choses bizarres, de la terre, des forêts (beaucoup de forêts), guider bébé, la musique grecque et turque en fond. Il est 21h. On commence par séries, la tête sort, que la sage-femme, très heureuse, me fait toucher. Il a des cheveux ! Je le caresse pour le rassurer. La tête passée, les épaules suivent, je force encore, je voudrais tellement qu’il arrive ! Tout se passe très vite. Elle nous dit de nous préparer à la recevoir. On me met un tissu sur le ventre que je refuse, mais on me dit qu’on retirera juste le plus gros avant de me le mettre contre la peau. Raoul et moi attrapons enfin la chose glissante, le cordon suit, je le sens. Je ne vois qu’une petite tête, je serre fort ma main sur ses fesses : regarde, ce sont les mêmes mains que lorsque tu étais dedans. Je pleure, Raoul aussi. Il est invité à couper le cordon, lui qui ne voulait pas, accepte d’emblée ! Je tiens toujours Louis. La sage-femme presse sur mon ventre, je hurle et m’en veux aussitôt de le faire devant mon bébé, mais je ne sens pas le placenta descendre. Et là, un autre verdict tombe : je dois vous faire une épisiotomie, le périnée a lâché, je n’ai rien pu faire. Moi : combien de points ? 3. okay, puisque c’est fait, de toute façon…

Pendant ce temps, un infirmier antillais très cool propose de préparer Louis avec Raoul. Je les regarde, c’est drôle ! Et j’essaie de pousser de reste des choses qui sont encore en moi. La sage-femme cherche un mètre et déniche un pied à coulisse géant pour nous dire, pèse le bonhomme, puis, ayant vu que nous avions mis Louis au sein, propose de m’aider et de nous laisser. Elle installe Louis efficacement et il tète !! Dans la pénombre, enfin, nous voilà tous les trois, et c’est merveilleux, indescriptible.


Dans la salle de soins, tout le monde mange et moi, j’aimerais bien ! Dans la pièce à côté, une autre diabétique attend elle aussi la délivrance (elle arrivera dans la nuit). Et Louis tète le second sein ; ça fait un mal de chien, mais je suis si heureuse ! La technique n’était pas la nôtre, mais notre acceptation a permis de bien faire avancer le dénouement. La sage-femme et l’équipe reviennent nous féliciter. L’infirmier revient. Fin des réjouissances, la péridurale s’estompe et c’est l’horreur : mal de dos, vessie pleine, perfusions à retirer. Lorsque tout cela est terminé, j’ai passé mon temps à sourire en regardant Raoul tenir, admirer, photographier son fils comme il l’appelle déjà. L’infirmier et Raoul habillent Louis et c’est un moment de franche rigolade. Les filles m’habillent et m’installent avec Louis dans un fauteuil et nous remontons dans la chambre. Les infirmières et les filles de la salle de naissance insistent pour que je laisse Louis et que je dorme. J’hésite… nous faisons un pacte : elles l’amèneront toutes les trois heures pour la tétée. Okay. Raoul me laisse, il est épuisé lui aussi, triste de devoir partir, dans les nuages. Une fois dans mon lit, je mange, debout car l’épisiotomie et le périnée me font très mal assise (le repas le plus dégueu de la création, mais avec un de ces appétits !). J’entends alors Louis crier : je me lève, il le faut que j’aille le voir ! Je retourne à la crèche, on me gronde, le malaise était déjà passé, zut, je suis là pour m’occuper de mon fils après tout !


Et je repars fièrement avec ma merveille, qui prend à nouveau le sein. Je lui parle. C’est tout un monde nouveau et pourtant, c’est normal ; je ne suis même pas émue à ce moment, je tiens contre moi ce petit être qui était dedans et qui me reconnaît.




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Dernière édition par le Jeu 24 Aoû - 0:48, édité 3 fois
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sho77
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MessageSujet: Re: La naissance de Louis : 36h mais ça en valait la peine !   Mer 23 Aoû - 20:29

Hé bien ! Un accouchement quasiment de rêve !

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Maitika1974

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MessageSujet: Re: La naissance de Louis : 36h mais ça en valait la peine !   Mer 23 Aoû - 22:12

Refélicitations

Louis est super mignon

Et comme une vieille radoteuse, je répète, la photo de ton avatar est superbe.

En tout cas, que d'émotion en lisant ton récit ( je souriais et pleurais en même temps)

Je vous souhaite plein de bonheur

Biz
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chatbiscotte

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MessageSujet: Re: La naissance de Louis : 36h mais ça en valait la peine !   Mer 23 Aoû - 22:55

Magnifique
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Violaine



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MessageSujet: Re: La naissance de Louis : 36h mais ça en valait la peine !   Jeu 24 Aoû - 0:08

... je suis en larmes... forcément... parce que c'est beau, parce que c'est lui, parce que c'est toi...
Le côté médical me glace... forcément. Parce que nos histoiressont différentes. Parce que la terre, les arbres, les trucs bizarres, je les ai connus aussi, et intérieurement, une petite voix très loin me disait et me dit encore qu'elle a envie de ça, donner la vie sur la terre, sous les arbres, loin de tout.

Je suis tellement heureuse ! La première chose que j'ai vue, c'est ton avatar.

Les mots me manquent. Je vais digérer tout ça (glup !) en pensant fort fort fort à toi, à vous trois, en vous souhaitant le meilleurdu monde, et en espérant pouvoir toucher bientôt le bord du berceau de ma baguette magique.

Hélios va être heureux d'avoir un copain "toupetipeti"

Et moi, ben... je te souhaite la bienvenue dans la famille des mères, et mesadieux à celle que tu ne seras plus jamais, tout en restant à jamais toi-même, plus que jamais auprès de "lui".

Câlins.

Violaine
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virginie

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MessageSujet: Re: La naissance de Louis : 36h mais ça en valait la peine !   Jeu 24 Aoû - 0:13

Trop bien !!! Merci pour ce merveilleux récit !
J'aurais presque envie d'y retourner !
Bises
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Isabelle
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MessageSujet: Re: La naissance de Louis : 36h mais ça en valait la peine !   Jeu 24 Aoû - 0:44

Je reviens après deux tétées et je trouve vos messages...

Merci !!!
Le côté médicalisé est très présent, mais heureusement, ce n'est pas ce que l'on retient. En tout cas, pas à la fin... et puis le papa qui a lu le texte n'a que des bons souvenirs souriants et pas des câbles et des boutons... ! Le retour à la maison efface beaucoup aussi

Laurence, la photo de l'avatar est l'oeuvre du papa

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kao

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MessageSujet: Re: La naissance de Louis : 36h mais ça en valait la peine !   Ven 25 Aoû - 10:39

Magnifique récit Isabelle...
Beaucoup de bonheur à vous 3...
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Magali
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MessageSujet: Re: La naissance de Louis : 36h mais ça en valait la peine !   Ven 25 Aoû - 12:16

à la nouvelle venue sur la liste des accouchements épiques !

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Isabelle
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MessageSujet: Re: La naissance de Louis : 36h mais ça en valait la peine !   Ven 25 Aoû - 13:49

Magali a écrit:
à la nouvelle venue sur la liste des accouchements épiques !

C'est vrai, nous sommes des héroïnes !

Je voulais ajouter au sujet de la médicalisation que je ne me voyais pas accoucher d'une autre manière en étant DID et que même si mes fantasmes étaient d'un tout autre ordre, pour moi la question ne se posait même pas. Pour la sécurité de ce bébé, il fallait s'entourer, être surveillée d'un bout à l'autre, tout en essayant de préserver un peu d'intimité et de magie. L'accouchement a été un mélange réussi de ces deux ingrédients et je ne m'efforce pas d'en oublier l'un au profit de l'autre.

Et puis le prochain sera sans doute tout différent !

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Magali
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MessageSujet: Re: La naissance de Louis : 36h mais ça en valait la peine !   Ven 25 Aoû - 14:15

Isabelle a écrit:


Je voulais ajouter au sujet de la médicalisation que je ne me voyais pas accoucher d'une autre manière en étant DID et que même si mes fantasmes étaient d'un tout autre ordre, pour moi la question ne se posait même pas. Pour la sécurité de ce bébé, il fallait s'entourer, être surveillée d'un bout à l'autre, tout en essayant de préserver un peu d'intimité et de magie.

Quelle sagesse ... comme je le disais dans un autre post, notre did nous oblige à mettre un peu de côté nos envies et décide en partie à notre place ...

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spookybc

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MessageSujet: Re: La naissance de Louis : 36h mais ça en valait la peine !   Ven 25 Aoû - 18:51

ouf isabelle ! quelle histoire touchante j en ai pleurer en la lisant c est tellement beau !

ca doit etre un moment fort quand tu as toucher la tete du petit louis la 1ere fois

tu as été bien entouré et Raoul a été formidable aussi, etre toujours avec toi

la rigolade pendant l habillement de louis je me la suis imaginée

merci pour ce temoignage ! tres tres touchant

profitez bien de votre petit bout de chou qui va en faire craquer
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Maitika1974

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MessageSujet: Re: La naissance de Louis : 36h mais ça en valait la peine !   Ven 25 Aoû - 21:37

Isabelle a écrit:
Laurence, la photo de l'avatar est l'oeuvre du papa

Il faudra féliciter le papa. Il a fait ça comme un chef

Biz
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agnès

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MessageSujet: Re: La naissance de Louis : 36h mais ça en valait la peine !   Sam 26 Aoû - 0:15

C'est les larmes aux yeux, (bravo pour ce joli récit),
que je t'adresse toutes mes félicitations puissances 10 Isabelle car comme tu le dis, il y a eu de l'heroisme dans cette naissance, il y en a dans toutes, d'ailleurs, comme le disait aussi Balavoine...
Louis est un vrai heros aussi, il s'est bien défendu et je le trouve très ...craquant... bravo encore !
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juju62500



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MessageSujet: Re: La naissance de Louis : 36h mais ça en valait la peine !   Sam 26 Aoû - 0:25

Coucou Félicitations Isabelle et bien sur au papa bienvenue au petit Louis très beau récit la fin donne envie mais j'ai encore le temps j'ai fait que la moitié du chemin alors reste bien au chaud biz Julie
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Nad



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MessageSujet: Re: La naissance de Louis : 36h mais ça en valait la peine !   Lun 28 Aoû - 17:52

Isabelle a écrit:
Le mercredi 16 août, rendez-vous avec la valise aux admissions de la maternité. Valise, mais aussi deux vanity-cases, et papa qui trimballe tout ça. Examens préliminaires, première observation par une sage-femme terriblement efficace (aïe) ; col moyen à court, ouvert à 1,5 cm, mince, seulement ! Je déclare que mes glycémies PP se dégradent (c’est très relatif et ça ferait rire une DID hors grossesse…).

Deuxième consultation avec la gynéco qui m’a suivie pendant la grossesse. Même verdict. Elle décide d’une maturation le jour même, un déclenchement dans les deux jours en fonction de son évolution. Pendant que Raoul se rend à l’état civil et aux admissions, et moi en salle de travail où il me rejoint. Prise de contact et pose d’un tampon aux prostaglandines pour accélérer la maturation du col par multiplication des contractions. Attente et retour dans la chambre que je partage. Raoul me fait des dextros toutes les heures avec mon propre matériel. Le protocole d’insuline reste celui de la grossesse. En fin de journée, le col est toujours à 1,5 cm. Raoul part et nous avons tous deux peur que j’accouche dans le milieu de la nuit. On nous assure que si ça arrive, il sera prévenu et pourra venir. Dans la demi-heure qui suit, les contractions se rapprochent, jusqu’à apparaître toutes les trois minutes. Plusieurs Spasfon plus loin, on décide de retirer le tampon (donc de faire cesser ce qui semble n’être qu’un « faux travail »), car la maturation, elle, n’avance pas. En revanche, malgré les calmants, les contractions persistent toute la nuit. Mal habituée aux méthodes de respiration, je ne dors que sur le matin.


Jeudi matin, le passage de la gynécologue me rassure sur un point, on ne recommence pas la tentative de maturation, mais un vrai déclenchement, le col est ouvert à 2 cm. Raoul arrive ; on me descend en salle de travail, pour la journée, nous le savons, quoi qu’il arrive, cette fois, Louis naîtra dans la journée ou dans la nuit. Pose d’une perfusion de Syntocinon, autre hormone, de la perfusion insuline/glucose et de la péridurale, enfin ! Deux perfs dans la main, un cathé dans le dos, des câbles dans tous les sens, et je sourie, je ne sens plus rien, yahou ! En PP, dextro de folie : 2,31 g, due à une curieuse proposition de protocole par l’anesthésiste de la veille qui m’a fait faire une demie dose de lente pour la journée (réussie), et une demie dose de rapide pour le petit déjeuner (ratée, et de loin !). L’insuline en seringue-poussoir est installée, vite injectée et le taux redevient normal, ouf. Une hyper en plein déclenchement qui aurait valu une hypo à Louis, quoi encore ? Au final, grâce à la lantus en demi-dose, du glucose en permanence, et un dextro toutes les heures, la glycémie a oscillé entre 0,68 et 0,99 g, sans injection d’insuline, pas mal !! Crevée Isa, crevé Raoul, nous dormons tous les deux la plupart du temps, ce qui fait sourire la sage-femme quand elle passe…


Avec la péridurale, je ne sens pas les contractions avant la fin de journée. Le col commençant à se dilater, la poche des eaux est rompue à 13h, heureux moment ! Et le col s’ouvre d’un cm par heure. A 20 heures, bébé est engagé, mais il est un peu de côté, il faut le faire bouger d’un quart de tour. La sage-femme nous autorise à pratiquer l’haptonomie et nous arrivons à le faire tourner, mais il a tendance à revenir dans la position initiale. Je me mets en tailleur, bébé descend. La dose de péridurale s’estompe et je commence à me sentir très mal. L’équipe soignante change à ce moment précis. Les infirmières et la sage-femme sont déçues de ne pas suivre la fin de l’accouchement ; elles passeront nous voir dans les jours suivants en suites de couches.
La décision est prise d’accoucher dans les deux heures. Cette fois, je dérouille pour de bon. Nous retrouvons la sage-femme qui nous a accueillis mercredi, qui nous fait renoncer à l’haptonomie pour pratiquer la technique traditionnelle bloquer-pousser. Et j’accepte. Bébé tourne facilement et avant d’avoir eu le temps de le fêter, la délivrance a commencé.

C’est le rush dans la pièce, je ferme les yeux pour ne pas voir les nouveaux visages, curieux de l’accouchement en cours. La péridurale fonctionne de nouveau. Raoul est invité à me tenir la tête vers le bas et en même temps à pousser mon ventre pour faire descendre le bébé. Je continue à pousser et à inviter Louis à aller dans les mains de la sage-femme ; elle comprend nos désirs et les encourage. Je pense très fort à des tas de choses bizarres, de la terre, des forêts (beaucoup de forêts), guider bébé, la musique grecque et turque en fond. Il est 21h. On commence par séries, la tête sort, que la sage-femme, très heureuse, me fait toucher. Il a des cheveux ! Je le caresse pour le rassurer. La tête passée, les épaules suivent, je force encore, je voudrais tellement qu’il arrive ! Tout se passe très vite. Elle nous dit de nous préparer à la recevoir. On me met un tissu sur le ventre que je refuse, mais on me dit qu’on retirera juste le plus gros avant de me le mettre contre la peau. Raoul et moi attrapons enfin la chose glissante, le cordon suit, je le sens. Je ne vois qu’une petite tête, je serre fort ma main sur ses fesses : regarde, ce sont les mêmes mains que lorsque tu étais dedans. Je pleure, Raoul aussi. Il est invité à couper le cordon, lui qui ne voulait pas, accepte d’emblée ! Je tiens toujours Louis. La sage-femme presse sur mon ventre, je hurle et m’en veux aussitôt de le faire devant mon bébé, mais je ne sens pas le placenta descendre. Et là, un autre verdict tombe : je dois vous faire une épisiotomie, le périnée a lâché, je n’ai rien pu faire. Moi : combien de points ? 3. okay, puisque c’est fait, de toute façon…

Pendant ce temps, un infirmier antillais très cool propose de préparer Louis avec Raoul. Je les regarde, c’est drôle ! Et j’essaie de pousser de reste des choses qui sont encore en moi. La sage-femme cherche un mètre et déniche un pied à coulisse géant pour nous dire, pèse le bonhomme, puis, ayant vu que nous avions mis Louis au sein, propose de m’aider et de nous laisser. Elle installe Louis efficacement et il tète !! Dans la pénombre, enfin, nous voilà tous les trois, et c’est merveilleux, indescriptible.


Dans la salle de soins, tout le monde mange et moi, j’aimerais bien ! Dans la pièce à côté, une autre diabétique attend elle aussi la délivrance (elle arrivera dans la nuit). Et Louis tète le second sein ; ça fait un mal de chien, mais je suis si heureuse ! La technique n’était pas la nôtre, mais notre acceptation a permis de bien faire avancer le dénouement. La sage-femme et l’équipe reviennent nous féliciter. L’infirmier revient. Fin des réjouissances, la péridurale s’estompe et c’est l’horreur : mal de dos, vessie pleine, perfusions à retirer. Lorsque tout cela est terminé, j’ai passé mon temps à sourire en regardant Raoul tenir, admirer, photographier son fils comme il l’appelle déjà. L’infirmier et Raoul habillent Louis et c’est un moment de franche rigolade. Les filles m’habillent et m’installent avec Louis dans un fauteuil et nous remontons dans la chambre. Les infirmières et les filles de la salle de naissance insistent pour que je laisse Louis et que je dorme. J’hésite… nous faisons un pacte : elles l’amèneront toutes les trois heures pour la tétée. Okay. Raoul me laisse, il est épuisé lui aussi, triste de devoir partir, dans les nuages. Une fois dans mon lit, je mange, debout car l’épisiotomie et le périnée me font très mal assise (le repas le plus dégueu de la création, mais avec un de ces appétits !). J’entends alors Louis crier : je me lève, il le faut que j’aille le voir ! Je retourne à la crèche, on me gronde, le malaise était déjà passé, zut, je suis là pour m’occuper de mon fils après tout !


Et je repars fièrement avec ma merveille, qui prend à nouveau le sein. Je lui parle. C’est tout un monde nouveau et pourtant, c’est normal ; je ne suis même pas émue à ce moment, je tiens contre moi ce petit être qui était dedans et qui me reconnaît.





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brennoux

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MessageSujet: Re: La naissance de Louis : 36h mais ça en valait la peine !   Jeu 7 Sep - 14:08

coucou
j'ai lue d'un bloc ton superbe récit avec la chaire de poule et des larmes plein les yeux...même si ça fait "peur" ça l'air tellement magnifique...chargé d'émotion quand on te lie...MERCI et Félicitation a vous 3! plein de bonheur a venir!
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Isabelle
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MessageSujet: Re: La naissance de Louis : 36h mais ça en valait la peine !   Mar 12 Sep - 23:14

Merci Brennoux (Carole, non ?)

Il ne faut pas avoir peur :

- d'une part parce qu'une femme non diabétique ne sait pas non plus quel accouchement elle aura et comment il se terminera

- d'autre part parce que ces moments là s'oublient vite en réalité. Je ne le croyais pas non plus juste après, mais c'est vrai.. les mauvais souvenirs et la douleur ne résistent pas au bonheur !

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MessageSujet: Re: La naissance de Louis : 36h mais ça en valait la peine !   

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La naissance de Louis : 36h mais ça en valait la peine !
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